Pour aller plus loin dans les thérapies systémiques

Les thérapies de couple et thérapies familiales sont des pratiques thérapeutiques dites systémiques. Ce terme renvoie à la notion de système, définie comme un ensemble d’éléments en interaction : le système couple, le système famille, le système professionnel….

Un système est toujours en recherche d’équilibre et d’harmonie, ceci pour favoriser l’épanouissement et l’autonomie de ses membres. Or nombreux sont les grains de sables dans la vie quotidienne d’une famille ou d’un couple qui viennent mettre à mal cet équilibre. Les difficultés de communication, la gestion des conflits, les deuils, la maladie,  les ruptures de liens, le chômage, l’adolescence sont autant d’exemples parmi d’autres de ce à quoi est confronté l’équilibre conjugal ou familial.

En général, le groupe a suffisamment de ressources pour affronter et dépasser ces temps de crises. Mais il arrive parfois que l’adaptation ne soit pas possible ou qu’une crise perdure. C’est dans à ce moment que peuvent survenir des troubles relationnels importants (communication conflictuelle, violence, rupture, mal-être). Parfois même des états pathologiques s’instaurent : syndrome dépressif, trouble alimentaire, troubles du comportement…

Le thérapeute systémique va alors s’intéresser non pas à l’individu porteur d’un symptôme, mais au contexte dans lequel survient ce symptôme : contexte relationnel, contexte familial, contexte conjugal, environnement social et/ou professionnel…

Le symptôme pour lequel la ou les personnes viennent consulter est alors considéré comme ayant une fonction (souvent de protection) pour le système global. Pour schématiser très  simplement, on pourrait illustrer ce propos par l’exemple d’un enfant turbulent, dont l’agitation aurait pour fonction de réunir ses parents autour de lui afin de masquer  un différend conjugal. 

Pour un systémicien, ce comportement non conscientisé n’appartient plus uniquement à l’enfant, mais bien à l’ensemble de la famille, qui, in fine, reste unie. Un comportement individuel à priori négatif a donc une fonction positive pour le système, même si le prix à payer peut être élevé pour le porteur du symptôme.

L’objectif de la thérapie systémique est d’amener au système suffisamment d’informations sur lui-même pour comprendre la crise qu’il traverse, appréhender les enjeux relationnels et décider des réponses à apporter.  Pour cela le thérapeute va utiliser différents outils, issus des théories systémiques. Celles-ci sont apparues dans les années 50 aux Etats-Unis. Les  travaux d’un groupe pluridisciplinaire de scientifiques, dit groupe de Palo Alto, sont souvent considérés comme fondateurs des théories systémiciennes. Ces chercheurs n’étaient ni les seuls ni les premiers à s’intéresser aux interactions relationnelles dans le domaine thérapeutique. Ce n’était d’ailleurs pas leur champ d’étude initial. Pourtant leurs travaux ont eu un impact considérable et ont permis un développement exponentielles des théories et pratiques systémiques.

A ce jour, les références théoriques sont multiples. De nombreux auteurs ont enrichi de leur concept la pratique systémique : l’approche stratégique de Jay Haley, l’approche structurale de Salvador Minuchin, le concept de résonance de Mony Elkaim, la théorie bowienienne des systèmes familiaux, la thérapie contextuelle de Boszormenyi-Nagy, le tiers-pesant d’Edith Goldbeter-Merinfeld, l’approche transgénérationnelle, le constructivisme ou ou encore le constructionnisme social… Chacun appartient à la systémie mais définit son identité propre à l’intérieur de ce courant de pensées.

C’est à l’image de ce qui se joue dans une famille : il y a entre ces auteurs et leurs concepts une dialectique ouverte entre identité et appartenance, entre autonomie et complémentarité…